Lire un résultat de test génétique : N/N, porteur, atteint
L’éleveur vous l’assure : ses reproducteurs sont « testés ». Rassurant ? Pas tant que vous n’avez pas vu les résultats. Bonne nouvelle, un résultat se lit en trois valeurs, et ce qui le rend fiable tient en deux conditions.
Vérifier l’éleveurGuide pratique3 min de lecture
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2 sources nomméesValable pour le chat
Ce sont les trois statuts possibles d’un chat pour une mutation donnée. Il n’y en a pas d’autre.
Le LOOF publie, en tête de ses fiches santé (nouvel onglet)2, un article du Dr Marie Abitbol (nouvel onglet)1, maître de conférences en génétique à VetAgro Sup. Elle y explique qu’un test ADN détermine le statut d’un chat vis-à-vis d’une mutation, et que ce statut prend l’une de trois valeurs.
N/N : le chat n’est pas porteur de la mutation.
N/mut : il en porte une copie.
mut/mut : il en porte deux.
Les laboratoires écrivent parfois le nom de la mutation à la place de « mut ». La logique ne change pas : tout se joue sur le nombre de copies, zéro, une ou deux.
« Testé », est-ce que ça suffit ?
Non. Un reproducteur testé peut très bien être porteur.
C’est même l’intérêt du test : connaître ce que porte chaque parent avant de choisir avec qui le marier. L’information utile n’est pas « testé », c’est le résultat.
Qu’est-ce qui rend un résultat fiable ?
Deux conditions, et c’est le passage le moins connu de l’article du Dr Abitbol.
Le prélèvement, une brossette passée dans la bouche, doit être réalisé et authentifié par un vétérinaire. Et le chat doit être identifié, par puce ou par tatouage1.
Sans ces deux conditions, rien ne prouve de quel chat parle le résultat. Ce n’est pas une question de confiance envers l’éleveur : c’est ce qui sépare un document opposable d’une capture d’écran.
Sur le document, cherchez donc quatre choses : le nom de l’animal, son numéro d’identification, la date et le laboratoire. Les quatre, sur la même page.
Faut-il faire tester le chaton ?
Non, si ses deux parents l’ont été.
Quand la filiation est compatible et que les deux parents ont été dépistés non porteurs d’une mutation, le chaton est de fait non porteur1. Le tester pour cette mutation ne sert alors à rien.
Mais il faut bien les deux parents. Un seul parent non porteur ne permet de rien conclure sur le chaton.
Que signifient DNA et DNA comp. sur un pedigree ?
Ce sont deux preuves de parenté, et c’est la seconde qui compte.
Le profil ADN ne sert pas qu’à la santé : il vérifie aussi les filiations. « DNA » sur un pedigree signifie que le chat a été identifié par son ADN. « DNA comp. » va plus loin : le chat et ses deux parents l’ont été, et la filiation est compatible.
C’est ce second sigle qui permet de conclure sur le chaton sans le tester lui-même.
Quelles questions poser à l’éleveur ?
Trois, et elles tiennent en un message.
Quelles mutations ont été testées sur les deux parents ? La liste dépend de la race. La fiche de la race que vous visez porte celles qui sont reconnues pour elle : le Maine Coon, le Ragdoll et le Persan n’attendent pas les mêmes tests. « Tout est testé » ne répond donc pas à la question.
Puis-je voir les résultats du laboratoire ? Le document lui-même, pas un récapitulatif recopié dans l’annonce : ce que l’annonce doit porter ne comprend d’ailleurs aucun résultat de test.
La filiation est-elle vérifiée ? C’est le sigle « DNA comp. », et c’est lui qui évite de tester le chaton.
Un éleveur qui teste ses reproducteurs a payé ces tests et attendu leurs résultats. Les montrer ne lui coûte rien.
Et sur Monéleveur ?
Une partie du travail est déjà faite.
Les tests que l’élevage déclare s’affichent sur l’annonce, chez les deux parents. Un badge coloré signale ceux que l’équipe de Monéleveur a contrôlés sur justificatif, c’est-à-dire après avoir ouvert le document du laboratoire. Un test déclaré mais pas encore contrôlé est indiqué « en attente de contrôle » : c’est celui-là qui mérite votre deuxième question.
Une fois l’éleveur choisi vient la réservation, et une question d’argent à ne pas manquer : acompte ou arrhes, le mot du contrat change tout.